Comment faire son deuil ?

Les vacances d’été ne sont pas terminées, et c’est dans un cadre idyllique de soleil, avec une mer bleu turquoise, des montagnes recouvertes de maquis odorant, que j’ai décidé de vous parler du deuil.

plage de Lozari en Corse

Etant de nature très réservée, bien que très sensible, il m’arrive très rarement d’évoquer des histoires personnelles. Là en ce bel été, le deuil d’un proche est survenu. Un cancer, avec ses traitements lourds, des douleurs intenses, et un homme courageux, faisant son maximum pour garder le moral et protéger ses proches, et ne pas faire peser sur son entourage le poids de sa maladie et de ses douleurs, a fini par être vaincu et est mort dans une dignité exemplaire. Sa mort, alors qu’il n’avait que 55 ans, avec une petite fille de 10 ans, semble très injuste et cruelle.

En écrivant cet article, je pense aussi à toutes les personnes endeuillées, mais aussi aux personnes qui ont dû « faire le deuil » de leur emploi, de leur métier, ou bien des performances de leur corps diminué, ou encore d’une relation amoureuse ou même de leur mariage.

« Faire son deuil » est essentiel pour qui veut continuer à vivre et à avancer. C’est nécessaire et nous passons tous par les mêmes étapes. Je reprends ici les 7 phases décrites par la psychologue Elisabeth Kübler-Ross dans son livre « On Death and Dying ».

Le choc et le déni.

femme recueillie, ses deux mains cachant son visageLa première phase du deuil, c’est le choc de la nouvelle, la sidération. Nous n’arrivons pas à le croire. C’est une période où on constate souvent une absence d’émotion apparente, la force de la sidération dépassant toute autre émotion. C’est le temps des « ce n’est pas possible, je ne peux pas le croire … ». Nous percevons vaguement que nous sommes dans une situation qui change tout. Rien ne ressemblera à ce qui a été.

La douleur et la culpabilité.

La personne a bien compris que la perte est réelle. C’est une période assez chaotique. Des sentiments intenses de culpabilité et de remords peuvent apparaître, même pour ceux qui, ayant anticipé l’événement, ont tout fait pour l’éviter.

La colère.

une fleur blanche avec une tige en fils de barbelésLe sentiment de colère apparaît ensuite, la colère de la perte de ce qui nous est cher. Le sentiment de l’injustice de cette perte. La révolte de ce qui nous parait comme inacceptable. Et parfois cette colère peut être déviée sur un événement ou une autre personne désignée comme responsable de la perte.

Le marchandage.

C’est une phase de négociation, de chantage en tout genre. Nous cherchons à négocier pour que la réalité soit autre, comme si c’était possible. Par exemple, nous regrettons de ne pas avoir fait assez, nous voudrions revenir en arrière comme dans un film, et refaire certaines choses, mieux… et ce n’est pas possible.

C’est une tentative désespérée de trouver les moyens d’inverser la situation et de la compenser. Nous passons par de nombreuses émotions : reproches, ressentiments, regrets, les remous des sentiments sont forts dans cette phase.

La tristesse.

statue de femme dans une attitude défaiteCette phase peut être plus ou moins longue, la tristesse prend le dessus sur les autres émotions, la désespérance peut apparaître dans certains cas, car on ne voit pas comment atténuer la souffrance et on a du mal à vivre le quotidien. La question est :  « qu’est-ce que je vais devenir maintenant ? ». Le sentiment du vide, de la grande place laissée par ce qui n’est plus.

La reconstruction.

Dans cette phase, la reconstruction commence en s’ouvrant à nouveau aux autres, et en participant à des activités pour échapper à la douleur. Cette reconstruction se fait progressivement, chacun a son rythme.

Certaines personnes restent bloquées à l’une des phases précédentes définies par Elizabeth Kübler-Ross, et on ne peut pas reconstruire sa vie sur le passé. Il faut accepter que ce qui est passé, est bel et bien passé, et qu’il est désormais impossible d’y changer quoi que ce soit.

Pour cette reconstruction, la PNL peut nous être d’un grand secours. La PNL est extraordinaire pour la gestion de toutes nos émotions, et évidemment, peut nous aider à débloquer des situations émotionnelles dans lesquelles nous serions bloquées à tel point que nous n’arrivons pas à dépasser cet état. J’écrirai un autre article sur ce sujet spécifique.

L’acceptation.

arc-en-cielL’acceptation du deuil signifie l’abandon de la lutte. Nous nous résignons à accepter une réalité que nous avons compris ne pas pouvoir changer. Nous avons lutté en nous attachant à la situation passée, comme si nous pouvions changer les choses, nous nous sommes accrochés au passé. L’acceptation est une libération, comme une lueur d’espoir. Nous nous résignons à accepter la nouvelle situation, et nous avons compris que nous devons organiser notre vie en tenant compte de cette nouvelle réalité.

Il arrive parfois que nous fassions des allers-retours entre ces différentes phases, lorsque nous sentons que nous en avons besoin pour recommencer à avancer. Nous sommes tous différents et ne réagissons pas tous de la même façon. Le processus n’est pas forcément linéaire. Nous devons accepter nos propres émotions et notre propre cheminement.

La mort dans la société

Aujourd’hui je voudrais dire que ces phases du deuil sont précieuses, et qu’il est important de suivre ce chemin, avec patience et beaucoup de tolérance pour soi-même.

La société actuelle nie la mort, se complaisant dans la douleur extériorisée de personnalités médiatisées, et niant la mort elle-même, et parfois la douleur liée à la mort des proches. La mort ne devrait pas exister, n’est-ce pas ? La médecine ne devrait-elle pas avoir trouvé une solution ?

Qu’est-ce qui nous dérange dans la mort, pour que certains d’entre nous en restent à la 1ère phase du déni, en niant l’impact qu’un deuil a sur nous et sur les autres ?

Est-ce une peur de la mort, par désir de profiter de la vie le plus longtemps possible ? De la même façon, beaucoup de gens n’arrivent pas à accepter de vieillir, la vieillesse apportant son cortège de petits ou grands maux, il faudrait toujours rester jeune, beau et en bonne santé (et riche si possible !).

Et les handicaps et diverses maladies chroniques ne sont pas acceptés aussi bien qu’on pourrait l’imaginer.

Qu’est devenue notre société pour n’accorder de place qu’à la jeunesse, la beauté, la vie, le bonheur ? Bien sûr, nous apprécions tout cela, mais pourquoi nier tout ce qui n’est pas cela ?

Le mot « mort » est presque toujours remplacé par « disparition », comme si la personne disparaissait dans un tour de magie, hop, il n’y a plus de lapin, hop, il apparait dans l’autre manche, hop, il disparait de nouveau.

De tous temps, même les civilisations les plus anciennes ont eu à cœur de ritualiser la mort, considérant le passage entre la vie et la mort comme sacré. Dans les civilisations méditerranéennes,  les traditions entourant la mort sont encore fortes et permettent de témoigner affection, douleur, respect autant pour le défunt que pour sa famille.

tableau des voceratrice - Musée de Corte

Une personne endeuillée n’a pas besoin qu’on s’apitoie sur son sort, ni qu’on pleure pour elle. Elle a juste besoin de soutien, de savoir qu’on est là pour parler si elle le souhaite, et surtout, comme dans la maladie, la personne a besoin d’une attitude à la fois positive et attentive plus que compatissante. Tout simplement.

"Parler de ses peines, c'est déjà se consoler." Albert Camus

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